Trump, Clinton et l'immigration: voici leurs promesses

Comme le dit si bien madame Clinton, les Etats-Unis sont une terre d'immigrants. Et pourtant, cela n'empêche pas les américains d'être départagés sur la question. En effet,  l'immigration reste un des débats majeurs de cette campagne 2016, oú monsieur Trump et madame Clinton confirment la séparation, et même plus encore, le divorce des électorats républicain modéré et démocrate conservateur: il est grand temps de choisir son camp. Les deux candidats à la présidentielle font preuve de beaucoup d'imagination pour être élu par le peuple et aménager enfin à la Maison Blanche... Alors, quelles sont les promesses de cette année ?

 

 

 

Donal Trump : parti Républicain

"Une nation sans frontières n'est pas une nation"

Commençons sans plus attendre avec la proposition majeure de monsieur Trump, qui épouvante les Démocrates (et sans doute, le reste du monde…) et passionne l’électorat républicain… Donald promet de construire un mur à la frontière mexicaine, parce qu’ « une nation sans frontières n’est pas une nation. » Chanceux que nous sommes, il nous donne ses raisons.

Son principal argument se rattache au fait que les mexicains passent la frontière américaine afin de commettre des crimes. En effet, Trump explique que les autorités américaines comptent 3 millions d’arrestations de mexicains en 2011 (aucune source n’est mentionnée). Il considère donc le gouvernement mexicain responsable et demande une participation financière à la construction d’une frontière permanente entre les Etats-Unis et le Mexique afin de stopper la venue des criminels. En attendant, Trump souhaite prendre des mesures de plus court terme, comme par exemple augmenter les frais de visas délivrés aux diplomates et businessmen mexicains, ou encore imposer une plus lourde taxe à la frontière.

De mon point de vue de française, je ressens une certaine gêne face à une idée aussi radicale. En effet, la construction d’une frontière permanente résulte en fait d’un stéréotype généralisé aux Etats-Unis, selon lequel tous les étrangers (ici, les mexicains) sont des criminels, des dealers de drogue, ou des violeurs. Qu’un citoyen le pense et l’exprime est un fait. Qu’un homme politique, et une figure publique l’expose et l’utilise comme argument majeur de son programme s’annonce plus problématique ; cette proposition relève en effet d’une incitation à la haine raciale.

"Une nation sans lois n'est pas une nation"

Dans un second point, monsieur Trump déclare qu’une « nation sans lois n’est pas une nation. » Il promet donc de défendre les lois et la constitution des Etats-Unis. Sa promesse majeure présente la suppression du droit de citoyenneté à la naissance. Aux Etats-Unis, la citoyenneté américaine est donnée automatiquement à un nouveau-né, même si les parents sont des immigrants illégaux. Cette loi comporte l’avantage d’offrir une résidence permanente aux parents, et de faire venir tout autre membre de la famille sur le territoire. En 2009, 66% des immigrants se sont vus légalisés grâce à ce système. En clair, en supprimant cette loi, Donal Trump diminuera considérablement le taux d’immigration aux Etats-Unis.

Autres mesures que monsieur Trump promet : tripler le nombre d’agents (ICE) pour renforcer le contrôle d’individus voulant entrer sur le territoire, ou encore mettre en place une coopération de ces mêmes agents et des polices locales contre les gangs (comme le MS-13 ou le 18th street gang) qui comportent des individus non-documentés.

Privilégier les travailleurs américains

Dans son troisième et dernier point, monsieur Trump s’adresse aux travailleurs américains, la mythique « middle class » que l’on connaît tous. Il souligne que les immigrants se sont emparés des emplois qu’auraient dû obtenir les travailleurs américains. Pour cette raison, Trump prévoit de réguler l’entrée de nouveaux travailleurs afin d’augmenter les salaires, de baisser le chômage et de permettre aux minorités afro et hispano-américaines de retrouver du travail, et donc de garder ce « rêve américain » en vie. Pour la première fois, monsieur Trump inclut l’intégration des minorités dans son programme. En effet, le parti républicain est historiquement soutenu par des americains-riches-et-blancs. Cette petite pensée à la diversité, qui est, il faut le dire, de plus en plus étendue aux Etats-Unis, attirera peut être les minorités, et offrira quelques voix en plus pour le républicain…

A l’autre extrémité de l'aile politique américaine, se trouve le parti démocrate qui offre une politique toute autre que celle de la construction d’un mur ou de la forte régulation des flux démographiques…


 

Hillary Clinton : parti Démocrate

Concernant l'immigration, la candidate démocrate tente une approche qui va à l’encontre de notre Donald : elle commence par rappeler aux américains que les Etats-Unis sont une terre d’immigrants et cette raison seule suffit à garder un esprit ouvert sur cette question, et des portes ouvertes aux frontières, tout en s’assurant que les individus menaçant la sécurité nationale soient déportés.

D’un point de vue plus pratique, la candidate démocrate prévoit une réforme complète de l’immigration dans les 100 jours suivant le début de son mandat. Cette réforme offre une entière citoyenneté et résout les problèmes de visa, ce qui éviterait aux membres d’une même famille n’ayant pas le même visa, ou n’ayant pas la citoyenneté, d’être séparés.
Pour continuer dans sa lancée, Hillary promet de conserver les idées de monsieur Obama concernant le DACA et le DAPA, des permis de travail pour les immigrants. De même, la candidate prévoit de faciliter l’accès des familles ayant un statut d’immigrants à une protection sociale.

Madame Clinton propose une réforme de l’immigration qui m’apparaît à première vue comme irréaliste. En effet, elle propage un sentiment de liberté presque totale sur l’entrée et la sortie d’individus, alors que la réalité en sera certainement toute autre. Vivant aux Etats-Unis depuis maintenant trois ans, j’ai pu constater à quel point les autorités américaines peuvent être strictes concernant l’arrivée sur leur territoire. J’irai même jusqu’à dire que c’est culturel : les américains adorent qu’il soit difficile de rentrer sur leur territoire ! De même, les américains, démocrates ou républicains, réclament du changement en matière de politique. Par conséquent, le fait qu’Hillary défende certaines propositions de monsieur Obama ne joue pas nécessairement en sa faveur.

Pour conclure, les américains font face cette année à deux programmes très polarisés en matière d’immigration. Le fait que ces propositions aillent à l’encontre les unes des autres oblige les citoyens à faire un choix, et à bien y réfléchir : veulent-ils vivre dans un pays protégé ou au contraire, ouvert à tous ?


 

 

Voir aussi: Violence sexuelle à l'université:Hillary veut passer à l'action !

 

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